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  • : Le blog de graine de chipie
  • Le blog de graine de chipie
  • : premiers pas dans la blogosphère j'y présente mes articles d'ateliers d'écriture, mes pages rêvées, des bouts de mes passions, mes bricolages..en gros ce qui me passe par la tête quand je prends le temps de le consigner.
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 Espace d'une nouvelle aventure, j'espère y mettre les bouts qui me rythment avec plaisirs, passion, inquiétudes, doutes, rires, bonheurs, laissant tristesse et obscurité pour une autre vie.Place aux plaisirs, passion sourires et échange
  • Coucou, Espace d'une nouvelle aventure, j'espère y mettre les bouts qui me rythment avec plaisirs, passion, inquiétudes, doutes, rires, bonheurs, laissant tristesse et obscurité pour une autre vie.Place aux plaisirs, passion sourires et échange
7 mai 2008 3 07 /05 /mai /2008 00:32

 Enfant ma chambre n’était pas MA chambre. D’une caserne à l’autre elle était la chambre des filles et parfois même tout simplement celle des enfants.

Je n’ai pas de souvenir négatif de cette période de partages. Notre chambre était un bateau, un vaisseau spatial, une cabane dans les bois. Parfois elle se faisait île de naufragés rejetés par la colère d’une « mère » ou la punition méritée ou pas d’un père qu’on ne contredisait pas !

Je dormais selon que j’étais sage douillettement dans mon lit toujours tiré au carré et frais, héritage du moulage militaire ou selon mes désobéissances sur une couverture planquée sous le lit devenu grotte où je choisissais de rester dormir après avoir fait une découverte spéléologique des plus fascinante, ou bien nous nous retrouvions en rang d’oignons serrés tous les trois, mon frère ma soeur et moi les nuits d’orages ou sur le balcon les nuits d’étoiles lorsque nous avions un balcon. Le lieu importait peu. Prenait le nom de chambre le lieu dans lequel je devais tout simplement dormir.

 

Devenue petite adulte, je dormais sur un coin de canapé, sur un tapis. Dans les nombreuses escapades avec les copines je n’ai jamais gaspillé mon budget pour un lit d'hôtel, un coin me suffisait.

 

Transformée en mariée adulte, le lit n’a pourtant jamais non plus été ma propriété. Il était le tapis volant de nos voyages imaginaires et dans nos migrations et aventures il me suffisait de trouver une natte, m’enrouler dans mon tchador pour dormir sur un tapis de mosquée ou sur une natte de mansarde en terre de pisé ce qui formait en moi le mot Liberté en habituant mes enfants à mon tour à dormir dans n'importe quelle ambiance et sur n’importe quel support n'ayant jamais fait aucun déménagement de chambre pour les endormir chez nos amis.

 

Puis du temps a passé. Notre famille s’est posée, embourgeoisée, chacun sa chambre, chacun son espace. Ma chambre n’était toujours pas MA chambre. Elle était la chambre de notre couple avec le lit bien fait, les rideaux posés. Ce que j’y aimais c’était toutes les entorses faites par les enfants qui venaient squatter le entre-nous pour une histoire, un câlin, un voyage au pays du sommeil plus doux entre deux que seul dans une chambre bien rangée et pleine de trop calme.

 

Dans les discussions de crèche je passais sous silence les nuits où les enfants vivaient leurs rêves entre nous, confortablement. Leur sommeil était de qualité, ils étaient rassurés. Je déteste dormir toute seule, donc j’imaginais volontiers combien il était plus séduisant pour eux de nous rejoindre plutôt que de faire si tôt connaissance avec la solitude ! Nous avions tord, nous avions raison je n’en sais rien mais c’est ainsi que nous évoluions !

 

Dans la cassure de mon couple, je me suis exilée dans un appartement j’ai eu un espace à habiller : mon espace. Une chambre est alors devenue MA chambre. Celle-ci m’a effrayée par son vide et je n’ai pas eu envie de la peupler. J’ai aménagé une chambre pour chacun des enfants et moi je me suis installée dans la pièce de vie, commune à ma petite famille mono parentale. J’ai le sentiment de ne pas avoir vraiment réfléchi sur ce sujet. Ce n’est qu’avec le recul que je peux constater que je n’ai pas fait d’une chambre MON espace. Finalement ma chambre je l’avais toujours partagée dans le bonheur et je ne supportais pas de la partager avec le vide de solitude !

 

Mon aménagement c'était un mois de novembre, les premières vacances scolaires furent celles de Noël. Le père de mes enfants s’est arrangé pour me priver de leur présence en les emmenant aux Etats-Unis. C’était le passage à l’an 2000. Je n’ai pas eu le courage de me battre pour préserver la douceur de noël pour ne pas les priver de ce voyage que je ne pouvais leur offrir moi-même et quand aux vacances suivantes qui me revenaient alors que je n’avais pas plus de moyens pour autant,  j’ai lu un brin de déception dans leurs yeux ils voulaient partir…

Nous avons alors acheté une tente que nous avons planté dans mon salon quasi vide et nous avons campé ainsi pendant une semaine. La tente est devenue une machine à songes où l’on avait des moments de cauchemars, quand en plein milieu de la nuit tout dégringolait, des moments de rigolades quand Mahine prétendait avoir entendu un loup roder, des fous rires, des petites peurs, un mal de dos et surtout un grand bonheur.

Le camping au 3ième étage de notre tour HLM fut sans doute le plus rocambolesque de nos vacances sous une tente que je n'ai jamais plantée ailleurs que sur mon tapis persan et c'est sans mensonge aucun que les enfants racontaient avec malice qu'ils avaient campé aux 3 ième étage de la tour des Ulis ville nouvelle de la banlieue parisienne...J'ai aimé ce camping là sans les fourmis au rez de chaussée ni les araignées au plafond de ma tente !

 

Aujourd’hui j’ai une grande chambre, elle est par période poussiéreuse marque de mon désordre perpétuel ou constat de désertifications ponctuelles. J’y crie parfois mon dégoût pour le monde réel. Il m’est arrivé de m’y renfermer pour lui confier quelques secrets. J'y ai aussi laissé explosé quelques bonheurs. Je m’y sens pourtant encore très à l’étroit comme étouffée par le vide qui remplit cet espace là. Seule je m’y énerve, je m’y calme mais pour m’évader le temps d’un livre, d’un repos, d’une sieste réparatrice ce n’est pas encore dans cet espace que je me réfugie. Pour cela j’ai besoin d’un endroit commun et préfère le canapé du salon, le fauteuil du bureau ou la pelouse d'un parc quand le temps le permet.

 

La chambre n’a pour moi vraiment un attrait que si elle est partagée.

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Published by graine de chipie - dans Blablas en mots
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